C’est un fait souligné par l’organisation Transport & Environment (T&E) : les rejets et émissions des paquebots géants polluent énormément.
La croisière pollue
Les chiffres de l’étude publiée par l’organisation européenne Transport & Environment
sont plus qu’éloquents : les paquebots de Carnival Corporation, le principal opérateur de croisières de luxe dans le monde – propriétaire entre autres de Costa Croisières et Princess Cruises – ont émis en 2017 près de dix fois plus d’oxyde de soufre le long des côtes européennes que l’ensemble du parc automobile du continent(1). Soit autant de pollution que les 260 millions de voitures qui circulent en Europe.
Des rejets qui contribuent à grande échelle à l’acidification des milieux terrestres et aquatiques, selon ce collectif regroupant une cinquantaine d’ONG du transport et de l’environnement. Quant au deuxième opérateur de croisières, Royal Caribbean Cruises, il est la cause de quatre fois plus d’émissions que l’ensemble des voitures du territoire européen. Et même à quai, un bateau de 2.500 passagers continue de faire tourner ses moteurs pour alimenter ses réseaux électriques, émettant autant de particules fines, d’oxydes de soufre ou d’azote en une journée que 12.000 voitures…
Le carburant le plus sale qui soit
Ces émissions sont dangereuses tant pour l’homme que pour la faune et la flore. Toujours selon ce rapport de T&E, les pays européens les plus exposés à cette pollution atmosphérique sont en toute logique les premières destinations touristiques desservies par ces géants des mers : l’Espagne, l’Italie et la Grèce, suivis par la France et la Norvège.
Les villes de Barcelone, Palma de Majorque, Venise, Rome et Southampton sont les plus atteintes par ces pollutions. A Marseille, le capitaine du navire Azura a même écopé en novembre dernier d’une amende de 100.000 euros pour ne pas avoir respecté les normes en matière de pollution atmosphérique.
Mais au-delà du gigantisme des paquebots, les ONG mettent aussi en cause la faible qualité du fioul lourd non raffiné utilisé par ces paquebots. En effet, ce carburant utilisé tant par les croisiéristes que par les cargos est extrêmement chargé en particules de carbone et en soufre. Rappelons que certains pays, imposent des normes moins strictes en matière de composition de carburant.
« Les navires de croisière de luxe sont des villes flottantes alimentées par le carburant le plus sale qui soit, dénonce Faig Abbasov, responsable de la politique maritime chez T&E(2). Les villes interdisent à juste titre les voitures diesel sales, mais elles donnent un laissez-passer gratuit aux compagnies de croisière qui émettent des émanations toxiques causant des dommages incommensurables à la fois à ceux qui se trouvent à bord et sur les rives à proximité. C’est inacceptable. » Alors, à quand une norme portuaire zéro émission en Europe.
Illustration bannière : Vue aérienne d’un bateau de croisière -© Denis Beletsky
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Hélas oui, pour les automobilistes c’est le racket organisé par nos politiques et surtout nos écolos de pacotille.