Les analyses réalisées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) montrent que le S-métolachlore est préjudiciable pour l’environnement.
Le S-métolachlore, un nouvel herbicide en sursis
Si le glyphosate est le premier herbicide qui vient à l’esprit, il n’est pas le seul à être problématique. Il y a aussi le S-métolachlore : il revient beaucoup moins souvent dans le débat public, mais lui aussi est nocif pour l’environnement et la santé humaine. Pour évaluer sa toxicité, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a analysé chacun de ses trois métabolites (en d’autres mots, les substances qui se forment et se dissipent dans l’environnement lorsque le S-métolachlore se dissout après épandage).
Verdict : les concentrations estimées de ces trois métabolites dans les eaux souterraines sont supérieures à la limite fixée par la législation européenne en la matière, tant dans les eaux de surface que dans les eaux souterraines. L’Anses va donc engager la procédure de retrait du S-métolachlore. Pour le moment il n’est pas clair à quelle échéance cet herbicide sera interdit.
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Métolachlore : des restrictions des doses maximales sont déjà en vigueur
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’Anses épingle le S-métolachlore. En 2021 déjà, l’agence avait produit un rapport qui pointait la toxicité de cet herbicide. Peu après la publication ce rapport, l’Agence a introduit des mesures de restriction dans les autorisations de mise sur le marché des produits à base de S-métolachlore, en particulier une réduction des doses maximales d’emploi pour le maïs, le tournesol, le soja et le sorgho.
Mais, même malgré la réduction des doses maximales d’application, le risque de contamination des eaux souterraines par les métabolites du S-métolachlore demeure. L’agence estime donc que retirer du marché les produits phytopharmaceutiques à base de S-métolachlore est la seule solution envisageable.
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