Exposition aux pesticides : une nouvelle campagne pour informer et agir
Le 24 février 2025, plusieurs associations et acteurs économiques ont lancé la plateforme interactive « Tous exposés » pour informer le public sur l’exposition aux pesticides. Elle permet de visualiser l’exposition locale aux pesticides et de sensibiliser aux risques sanitaires et environnementaux. Ce projet réclame aussi des mesures auprès du gouvernement pour limiter cette exposition.

La plateforme « Tous exposés » appelle à l’adoption de deux mesures clés : l’inscription de la non-exposition aux pesticides dans les futures stratégies alimentaires nationales et la promotion d’une consommation de 12 % de produits bio d’ici 2030. Des outils sont mis à disposition pour interpeller le ministre de la Santé.
Une campagne collective pour informer et sensibiliser
Lancée par les associations Générations futures, Secrets toxiques, Noé et On est prêt, ainsi que des acteurs comme la Maison de la bio et Écotone, la campagne « Tous exposés » reprend, sur un site éponyme, la même carte de l’exposition aux pesticides déjà dévoilée par l’ONG Générations futures à la mi-janvier 2025. L’objectif est de dresser un état des lieux des risques liés à l’exposition aux pesticides. Le site propose une synthèse des connaissances scientifiques récentes et des cartes interactives permettant aux citoyens de connaître leur niveau d’exposition local.
Cette initiative vise à sensibiliser non seulement le grand public, mais aussi les décideurs politiques. Magali Payen, du mouvement On est prêt, souligne l’importance d’agir pour inscrire la non-exposition aux pesticides dans les stratégies nationales et encourager la transition vers une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Le message est clair : agriculteurs, riverains, consommateurs, nous sommes tous concernés par l’usage des pesticides chimiques.
Des risques sanitaires et environnementaux alarmants
Les associations à l’origine de la campagne rappellent que des études récentes pointent une contamination croissante des produits alimentaires et de l’eau potable. Entre 2017 et 2021, 73,1 % des fruits et 45,8 % des légumes non bio testés contenaient des résidus de pesticides. De plus, en 2023, 25 % des Français ont consommé de l’eau potable non conforme aux normes de qualité pour les pesticides. Ces chiffres reflètent une détérioration préoccupante par rapport aux années précédentes, mettant en danger la santé publique.
L’impact environnemental des pesticides est également un enjeu crucial, rappellent les associations. Des substances toxiques comme les PFAS, surnommées « polluants éternels », ont été retrouvées dans presque tous les prélèvements d’eau potable analysés en 2025, y compris dans des grandes villes comme Paris et Bordeaux. La présence de ces substances, associée à celle de métabolites potentiellement dangereux, souligne l’urgence d’agir. Pour les agriculteurs, en première ligne, ces expositions sont particulièrement inquiétantes, avec des risques accrus de maladies chroniques, telles que le lymphome non hodgkinien ou la maladie de Parkinson. À l’approche de l’examen à l’Assemblée nationale de la proposition de loi « pour lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » en mars 2025 et de la définition d’une nouvelle stratégie nationale pour l’Alimentation en juin 2025, « Tous exposés » propose à tout un chacun d’interpeller le ministre de la Santé ou ses collaborateurs.
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