Les bergers épuisés désespèrent de retrouver leur troupeau déchiqueté par le loup. Ces canidés bénéficient d’une protection qui rend difficile la cohabitation avec les bergers contraints de partager les mêmes territoires.
Loup / Berger – Des conditions écologiques, économiques et sociales
Une étude menée par l’université de Leeds, au Royaume-Uni, et l’université d’Oviedo, en Espagne prouve la possible cohabitation entre les loups et les humains. Les travaux publiés dans Frontiers in conservation en septembre 2021, indiquent que cette coexistence nécessite des conditions écologiques, économiques et sociales en adéquation avec la géographie du territoire.
L’Espagne qui compte entre 1.500 et 2.000 loups a interdit depuis le 22 septembre 2021 la chasse au loup. « L’acceptation des loups est cruciale pour une forme de cohabitation résiliente. Mais il est important de reconnaître que les gens ont tendance à être en désaccord sur la façon dont les terres locales devraient être gérées et sur les espèces qui devraient s’y trouver. Par exemple, dans la Sierra de la Culebra, tout le monde n’aime pas les loups, mais même ceux qui ne les aiment pas les considèrent comme faisant partie du système local et ne s’engagent pas dans des activités visant à les tuer ou à les éradiquer », a indiqué Hanna Pettersson, auteure principale de l’étude et chercheuse au Sustainability Research Institute de Leeds, dans des propos rapportés par Reporterre.
À lire à ce sujet, la note de la Fabrique Ecologique : Le loup en France – Pour une gestion soutenable de sa présence
Trois communautés observées
Pour mener à bien son étude, la scientifique a principalement suivi trois communautés rurales d’Espagne afin de comprendre comment elles cohabitaient avec les loups. Pour cela, 92 entretiens ont été conduits concernant les interactions entre l’humain et le loup. En Espagne, les bergers ont l’habitude de faire paître leurs animaux sur de larges territoires. Ils peuvent donc facilement être la cible de prédateurs.
Les chercheurs ont expliqué que dans la première communauté, les loups avaient investi les lieux depuis des décennies. Dans la deuxième, ils ont disparu dans les années 1950 puis sont revenus sur le territoire. Enfin, dans la dernière communauté, les loups ne sont plus présents depuis les années 1960 mais pourraient revenir à l’avenir.
D’après les témoignages recueillis, les chercheurs en ont conclu que plusieurs conditions devaient exister afin que l’homme et le loup puissent cohabiter. Il s’agit en premier lieu de la présence d’institutions fiables permettant de soutenir financièrement les bergers en cas de destruction du troupeau.
Dans les Asturies notamment, une ONG donne la possibilité aux éleveurs d’obtenir des prix élevés pour leurs agneaux mais aussi d’être reconnus dans les restaurants comme « pro-biodiversité ». Les éleveurs peuvent percevoir les fonds dont ils ont besoin pour exercer leur métier tout en cohabitant avec les loups. Les bergers peuvent par exemple obtenir des budgets pour mettre en place des infrastructures nécessaires afin de protéger au mieux leur troupeau.
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Une meilleure protection des troupeaux
Une autre condition essentielle est « la confiance des communautés dans les décideurs locaux » comme l’indique Reporterre. Enfin, la troisième condition consiste à protéger au mieux les troupeaux. Dans les Asturies, l’utilisation de clôtures mais aussi de chiens de garde permet d’éloigner les prédateurs.
Pierre Rigaux, naturaliste expert du loup et auteur de Loups, un mythe vivant, explique à ce sujet : « Dans les endroits où le loup a toujours été présent, il y a une forme de responsabilisation de certains éleveurs qui ont une certaine technicité dans la sélection des chiens et des clôtures par exemple. Évidemment ce n’est pas si simple et ça dépend de beaucoup de paramètres, mais cela peut expliquer des différences de prédation ».
D’autres solutions commencent à émerger comme la création de sanctuaires afin de protéger certaines espèces. C’est le cas du sanctuaire de Frontenay-Rohan-Rohan des Deux-Sèvres qui a recueilli des loups du parc Alpha de Saint-Martin-Vésubie détruit suite à la tempête Alex en octobre 2020.
Loups – un mythe vivant ,
de Pierre Rigaux
Qu’on les adore ou qu’on les déteste, les loups sont, surtout, très mal connus. Il s’agit ici de dépasser les clichés faisant du loup un diable ou un ange, en s’appuyant sur sa biologie et son histoire.
Illustration bannière : – © Tomas Hulik ARTpoint
Pour le moment NON, pas en France…
Pas à cause des animaux, mais à cause d’une poignée d' »hommes »…
Avec la pyramide des âges et les lois naturelles façon Darwin (« s’adapter ou disparaitre »), on aurait pu espérer pouvoir attendre qlqs années et être débarassé définitivement. Hélas, ils transmettent leur ignorance et leur haine aux générations suivantes.
Peut-être avec l’éducation des jeunes et l’exemple et aide de nos voisins et amis Espagnols par exemple, y arrivera-t-on un jour ?
En attendant, ces pauvres loups, comme la flore et la faune, vont encore devoir endurer bien des souffrances pour rien de la part de parasites dans leur écosystème.
L’être humain finira bien par se détruire lui-même, après avoir multiplié les génocides sur cette planète.