Sécurité sociale de l’alimentation : une révolution testée en Provence
Dans le village de Cadenet, situé dans le Vaucluse, une trentaine d’habitants teste depuis avril 2024 une « Sécurité sociale de l’alimentation ». Ce dispositif novateur leur permet de bénéficier de 150 euros par mois pour acheter des produits locaux et de qualité. Grâce à une « carte Vitale alimentaire », ils se font rembourser leurs courses comme une ordonnance médicale.

Ce projet expérimental, soutenu par des associations locales et financé par des fondations, vise à démontrer qu’une alimentation saine et durable peut être accessible à tous. Toutefois, seuls certains produits sélectionnés sont remboursés en totalité ou partiellement, selon des critères stricts définis par le collectif derrière cette initiative.
Une expérimentation pionnière dans l’alimentation
Le village de Cadenet (4.000 habitants), dans le Vaucluse, est le terrain d’expérimentation d’une idée audacieuse : rembourser les courses alimentaires comme des frais médicaux. Initiée par le Collectif local de l’alimentation de Cadenet (Clac), cette « Sécurité sociale de l’alimentation » accorde à 33 volontaires une somme mensuelle de 150 euros, raconte Ouest-France. Cet argent est destiné à acheter des produits locaux dans des points de vente précis : l’épicerie du centre-ville, un magasin de producteurs et l’AMAP. Les achats sont avancés par les clients, mais remboursés sur la base des montants dépensés, notés sur une « carte Vitale alimentaire ».
Cependant, tous les produits ne sont pas remboursés de la même manière. Le collectif a établi une grille d’évaluation selon des critères tels que l’impact environnemental ou les conditions de travail des producteurs. Ainsi, les produits sont classés dans trois niveaux de remboursement : 30 %, 70 % ou 100 %. Les aliments locaux de haute qualité, comme les légumes ou le pain du paysan boulanger, sont souvent remboursés en totalité.
Un pari a priori gagnant tant pour la santé des producteurs que pour les agriculteurs
Les résultats de cette expérimentation sont déjà visibles dans les habitudes de consommation des habitants. Nombre d’entre eux, qui n’avaient jamais fréquenté le magasin de producteurs en raison des prix, ont changé leur comportement. La responsable de l’épicerie a même adapté son offre pour inclure plus de produits conventionnés, rendant ainsi le dispositif attractif tant pour les consommateurs que pour les commerçants. En parallèle, les agriculteurs locaux bénéficient d’une meilleure rémunération grâce à une demande accrue de leurs produits.
Malgré le succès rencontré à Cadenet, une généralisation de cette « Sécurité sociale de l’alimentation » pose des défis de financement. Interrogé par Ouest-France, Éric Gauthier, l’une des personnes à l’origine de cette initiative, estime qu’il faudrait 8 millions d’euros pour étendre cette aide à l’ensemble du village. Une proposition de loi a été déposée en octobre 2024 pour envisager une extension nationale. Cependant, Éric Gauthier souligne que la dimension démocratique de ce modèle doit rester au coeur de toute évolution, afin de ne pas perdre l’essence même du projet.
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