Les loups se reproduisent plus vite que prévu en France. Résultat : l’État pourrait autoriser qu’il en soit abattu davantage en cas d’attaques répétées.
Une progression record du nombre de loups
Le Groupe national Loup réunit aujourd’hui, à Lyon, scientifiques, ONG, éleveurs de brebis et élus locaux. Il s’ouvre sur un constat : on recense désormais 500 loups en France(1). Le seuil minimum de « viabilité », celui qui permet à une espèce de se maintenir dans l’Hexagone, est atteint.
C’est une progression record, presque trente ans après la réapparition de cette espèce strictement protégée en Europe, au sein du Parc national du Mercantour. L’animal est désormais présent dans 35 départements. Les experts estimaient qu’il faudrait attendre 2023 pour voir le loup se multiplier aussi vite.
Un taux de prélèvement qui monte à 17 %
Y aurait-il, déjà, trop de loups ? C’est ce que semblent penser les bergers qui, eux, ont déjà perdu 1.400 bêtes depuis le début de l’année. Et ce chiffre inattendu n’est peut-être pas une si bonne nouvelle pour les défenseurs du canidé. Si le « plan loup » pour « préserver la dynamique de l’espèce » se poursuit, pour autant, afin de leur donner des gages, le gouvernement pourrait décider d’autoriser le tir de davantage de loups.
Dans les prochains moins, le taux de « prélèvement » pourrait passer de 12 % à 19 % dans les zones « prédatées » comme l’a annoncé en mars le gouvernement. Objectif : stabiliser la population de loups, leur nombre augmentant en moyenne de 20 % chaque année. France Nature Environnement s’est élevée contre cette décision à courte vue alors que trente loups ont déjà été abattus, en France, cette année.
À la place d’un abattage systématique, les défenseurs du loup prônent un autre type de gestion. La Fabrique Écologique a notamment proposé l’an passé des pistes de travail pour améliorer les connaissances sur les interactions entre les loups et les troupeaux et à moyen terme, définir une réponse non létale aux attaques du prédateur.
Signalons enfin cette expérience intéressante lancée en février dans le Limousin : éleveurs et scientifiques ont décidé de travailler de concert pour organiser la cohabitation entre le loup et les troupeaux via la collecte et la mutualisation d’informations.
Illustration bannière : Trio de loups dans la neige – © David Dirga
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